Imperfection

Istanbul, juin 2016

Même plus la force d’écrire.
Même plus la force de rire.
Même plus la force de sourire
, même poliment.

Une tristesse, immense, qui me submerge, que même une belle salade de fruits, jolie, jolie et un morceau de gâteau au chocolat avec des profiteroles n’arrivent à prendre le dessus.

Il fait beau, il  y a un ciel bleu éclatant, il fait une chaleur étouffante.  C’est le temps de l’allégresse, c’est le temps du soleil, des vacances, de la plage, de l’insouciance et pourtant dans mon coeur, c’est comme un jour de pluie, froid, gris. C’est une tempête de tristesse, un tsunami d’angoisse et de désarroi.

J’ai eu une idée aujourd’hui, de tout quitter, tout, et tout le monde, prendre le large et partir très loin.

Mais c’est quoi mon problème?! Je serai censée être une personne heureuse, satisfaite, privilégiée: parce que je viens de Suisse, parce qu’on m’a transmis des valeurs fortes, parce que je parle 5 langues plus ou moins bien. Oui peut-être, oui sûrement, oui par rapport à bien des gens sur cette terre, je suis privilégiée.

Mais à quoi bon tout cela, si je dois me sentir mal en permanence, si je dois me sentir nulle en permanence, si je dois avoir un cerveau malheureux, car trop avancé, trop sensible, trop porté à l’autocritique, trop imparfait?

 

 

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