Inconstance

Istanbul, mai 2016 –

27 ans déjà, 27 ans seulement.
Je suis depuis trois semaines à Istanbul, depuis une semaine, j’habite un immense appartement qu’il a fallu remeublé.

Depuis trois semaines, je ne fais rien comme je l’avais prévu, jamais.
Chaque jour est une surprise. Pas de routine ou peu. Ou alors le matin , je fais les choses qui me tiennent à cœur car le reste de la journée est faite d’imprévus en tous genres.
J’ai décidé de ne pas rester figée dans mes habitudes, je fais comme les gens d’ici: je me couche tard et me lève… tôt, ou tard. Tôt ou tard je me lève.
En général, le programme prévu jusqu’à 11h tient, après c’est l’aventure, l’inconnu.
Si tout se passe comme pensé alors c’est un miracle, mais en fait un miracle ennuyeux car il n’y a pas eu d’inconstance. « Bon, tout s’est passé comme prévu, bon ok. Dommage! »

Et je ne me suis pas inscrite dans une école de langue comme prévu.
Et je n’ai pas demandé d’autorisation de séjour comme prévu.
Et je n’ai pas pris d’appartement toute seule comme prévu.
Et je n’ai pas pris d’appartement meublé comme prévu.

Et je suis fière de ce déroulement. Pour moi, c’est faire preuve d’adaptation, c’est déjà une preuve d’avancement. C’est ce que je voulais et je l’ai eu, tout dans son ensemble et encore bien plus que tout ce que j’avais pu m’imaginer. 

Tout ici a une autre odeur, tout ici a une autre couleur, tout ici a un autre rythme, tout ici semble être à l’envers: la manière de penser, la langue dite agglutinante car caractérisée par de nombreux pré et suffixes et qui inverse la place des éléments, l’heure, le temps, les gens, les lieux, tout.

Et moi, qui dans les premiers jours de mai, me promène avec des couleurs un peu trop éclatantes, du rose, du bleu, du vert turquoise, alors qu’ici les couleurs sont plus sombres, variant du bleu foncé au noir avec beaucoup de brun, de beige. Je sors du lot. Je ne le souhaitais pas en fait, mais je me rends compte que j’attire les regards, un peu trop d’ailleurs, de plus hommes et femmes me regardent d’un air étrange.

J’ai donc compris, ces habits, ces couleurs ne sont pas adaptés pour ici.
Se fondre dans la masse, faire comme eux dans une certaine mesure, pour les atteindre, pour les aborder. 

 

 

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