Le temps qui cause

Avril 2016, La Haute-Borne –

Un jeudi, un matin pluvieux et plus on monte, plus le vent souffle par endroits. Et il fait froid.
Je monte gentiment, puis d’un pas décidé et constant, et je sens mes mollets chauffer et s’affermir et aimer ça. Etrange rapport à la douleur.
Evacuer, transpirer, laisser sortir, par les pores, par les cheveux.
Je transpire ma déception, ma colère, je cris de douleur dans cette dense forêt bien habitée et foisonnante.
Je voulais me retrouver seule. C’est loupé. Du moins, il n’y a pas d’êtres de mon espèce et c’est tant mieux.

Je commence à apprivoiser l’idée de mon départ, je commencer à l’aimer, je commence à languir après elle.
L’impatience. Allez, allez, viens! Satané jour du départ, pourquoi ne viens-tu pas plus vite, allez dépêche-toi!
Et s’il pouvait parler, il me dirait: 

« Parce que le moment n’est pas encore venu. Tu crois que tu es prête mais ce n’est pas le cas. Puis, si j’étais arrivé plus tôt, tu m’en aurais voulu de venir trop tôt, de ne pas te laisser le temps de « processer », d’intégrer, d’apprivoiser ce voyage. Petite insatisfaite, je te connais moi, je sais de quelle trempe tu es faite. »

Et il aurait raison ce bâtard. Je le déteste parce que le temps a toujours raison. Il faut lui faire confiance et ne pas le brusquer. Il sait et il enseigne.

 

 

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