Les petits jeux

Février 2015 –

Je n’ai pas compris. C’était des cousins ou des p’tits jeunes qui sortent ensembles?
Et elle, du haut de ses 15-16 ans, qui lui demande déjà pourquoi il ne dit rien.
«Ben j’sais pas, j’ai pas grand-chose à raconter.»
Elle boit – ce qui est à mon avis la boisson la  la plus dégoûtante de tous les temps – un redbull.
Lui, un coca.

Bon on n’a rien à se dire alors on sort les cartes à jouer.
Au seul bistrot un peu « in », un peu tendance du lieu, vous, vous jouez aux cartes? Wow! Je ne comprends plus.

C’est donc que vous n’êtes pas prêts pour les vrais jeux : de boissons, de regards rieurs et chauds dans ce smog mortel, de sourires flatteurs, de finesse.
Vous n’avez rien à faire là! Allez, au lit!!

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Nos petites discussions, nous deux, rien qu’à nous deux: sur un étonnement, une idée, un mot.
Et toi qui m’explique toujours, toujours tout. J’aime bien, être cette petite fille, qui apprend, qui écoute, l’oreille tendue et les yeux écarquillés, les paroles de ce vieux sage qui semble savoir tout sur tout et pourtant si incertain, si sensible et fragile, si perdu, si conscient de sa petitesse face à l’inconnu et à l’imprévisible.

La passion tu dis. La passion pour quelque chose est toujours accompagnée de souffrance, cela cache toujours une souffrance, quelle qu’elle soit: un manque, un abandon, un drame. Oui ça peut cacher n’importe quoi.
Pire encore, la passion pour une personne, la passion amoureuse, l’amour absolu dit-on.
Celui-là c’est le pire, on en chie, qu’est-ce qu’il fait mal celui-là.

Je ne crois pas si bien dire, tu ne crois pas si bien dire.
On sait de quoi on parle hein? N’est-ce pas? C’est encore frais, ça brûle encore.
Mais on est cons, on reste près de la source de chaleur, beaucoup trop près, parce qu’on aime ça, se faire mal, se faire du mal.
Ah mais non, ce n’est pas ça, je ne vois pas de quoi tu parles. Parce que nous on fait semblant. Nous sommes, à force, devenus experts en semblantisme: semblant qu’il n’y a rien eu, qu’il n’y a rien, qu’on n’a jamais rien ressenti.
On gère. On est de bons gestionnaires. 

Foutue déformation professionnelle.

Foutus jeux.

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