Bribes turques. 13

le

Istanbul, décembre 2015 –

On me raconte sans cesse des histoires terrifiantes, impossibles, inimaginables et pourtant il n’y a pas plus réel.

Les villes qui prétendent que c’est ici la vraie vie, que c’est en ces lieux que s’exprime la liberté et qu’elle prend ses aises, se sont des menteuses. Il n’y a rien de pire qu’une ville en pleine expension, rapide et qui en oublie son histoire.

Je ne me suis jamais sentie aussi prisonnière qu’ici. Car on ne sait jamais si un fou traîne dans la rue, dans le magasin, dans le bus, à la pharmacie, à l’hôpital, au café du coin, en plein jour et au coeur de la nuit. La peur règne, et quand elle est là, elle évince la liberté, la met en sourdine. Je ne peux même pas regarder un homme dans la rue, dans les yeux, sans craindre de passer pour une salope, et si je regarde certaines femmes, histoire de chercher un contact humain, c’est limite si je ne passe pas pour quelqu’un d’impoli.

Mais c’est le défi que je cherchais: un autre pays, loin de ma famille, loin de mes amis, loin de mon petit confort matériel et sécuritaire mais qui est lui aussi un leurre, une image, un instantané qui ne dure pas et ne procure que peu de satisfactions supercicielles, mais où sans cesse la question de comment utiliser sa vie au mieux se répète comme un écho interminable et qui ne s’arrêtera uniquement quand j’aurai abandonné toutes ces illusions, pour me mettre au travail et faire quelque chose de significatif à mes yeux.

[…]

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s