Article 5 de la série Jeunes diplômés : êtes-vous polyglotte?

La Tour de Babel d'après Pieter Bruegel the Elder

Vous rappelez-vous comment Dieu a fait cesser la construction de la tour de Babel dans l’antiquité? En confondant les langues parmi les bâtisseurs! C’était donc une malédiction jetée parmi les hommes. D’ailleurs, cela est vrai pour toutes sortes de raison à commencer par le ralentissement des échanges culturels, politiques ou commerciaux. Et oui, depuis cet épisode il faut des traducteurs, des interprètes et aussi apprendre les langues véhiculaires de l’époque dans laquelle on vit. Pour augmenter ses chances professionnelles, l’apprentissage du deuxième langue en tout cas paraît inévitable.

D’autant plus en Suisse où le plurilinguisme est pourrait-on dire une « institution ». C’est d’ailleurs une pratique qui, au niveau institutionnel, remonte au XIXe siècle, lors de la reconnaissance du français et de l’italien comme «langues nationales de la Confédération» dans la Constitution de 1848. Lire la suite sur le Dictionnaire historique de la suisse
Le plurilinguisme a des conséquences sociales, linguistiques, politiques, économiques et pédagogiques qui sont aujourd’hui étudiés par différentes institutions. -> Observatoire européen du plurilinguisme -> Institut de plurilinguisme de l’université de Fribourg.

Mais me direz-vous peut-être : en quoi le plurilinguisme concerne-t-il les jeunes diplômés?

Parce que le plurilinguisme génère 46 milliards de CHF par année, soit 9% du Produit intérieur brut (PIB)! D’après une étude conduite par des chercheurs de l’Université de Genève en 2009, l’utilisation du plurilinguisme est un aspect encore trop négligé dans les entreprises et particulièrement parmi les PME.
Vous n’avez peut-être pas le projet de monter une entreprise, il n’empêche que lorsque vous pouvez faire valoir des connaissances linguistiques votre salaire sera en moyenne 10% plus élevé que celui de votre collègue qui occupe la même fonction que vous et qui ne maîtrise qu’une langue.

L’apprentissage d’une autre langue ne va pas de soi pour tout le monde. Néanmoins pour des jeunes diplômés des UNI ou HES, il est tout de même attendu de connaître au moins une langue supplémentaire. La connaissance de l’anglais est déjà demandée ou encouragée dans les milieux académiques, il le sera encore plus dans les milieux professionnels. En fait, la connaissance de l’anglais dans de nombreux milieux va de soi. Autant vous y mettre tout de suite!
Il y a néanmoins d’autres langues, qui auront bien plus d’intérêt dans des secteurs particuliers comme celui de la vente ou bancaire. Je pense là au chinois, à l’hindi, au japonais, à l’arabe, à l’espagnol, etc.

Pour être plurilingue vous n’avez pas besoin de maîtriser les autres langues autant que votre langue maternelle. Vous devez au moins en avoir une connaissance fonctionnelle, c’est-à-dire liée à votre domaine professionnel. De nouveau pour être compétitif sur le marché de l’emploi, il faut de la préparation et une connaissance de ses ambitions.-> Voir l’Article 2 de la série à ce sujet.

Ca fait beaucoup de langues là quand même!

En effet, en connaissant vos ambitions et vos objectifs dans la vie, vous serez mieux à même de planifier votre parcours y compris en ce qui concerne les langues. Car, pour arriver à maîtriser une langue il faut du temps, de la régularité et de la pratique. Ainsi, avoir l’occasion d’étudier dans une école offrant des programmes bilingues est une aubaine à ne pas laisser passer. D’autant plus que dans ces cadres, vous serez amené à exercer vos connaissances écrites et orales. Ne pas non plus oublier les programmes d’échanges (ERASMUS, etc.) avec des Universités et Hautes écoles partenaires dans d’autres pays. Pour acquérir une connaissance fonctionnelle de la langue rien de mieux aussi que les stages et jobs que vous trouverez où vous serez complètement immergé.

On peut ici poser la question de la légitimation des connaissances par le moyen de certificats du genre PET, FIRST, CAE, TOEFL, etc. Leur utilité est tout de même proportionnelle a leur reconnaissance auprès des institutions académiques et professionnelles. D’autant plus que le certificat donne un aperçu du niveau du candidat à un moment donné, et que si ce dernier ne fait rien pour maintenir son niveau il l’aura passé un peu pour rien.
En ce qui me concerne, je n’ai pas fait de certificat, mais je sais néanmoins donner une « Note » ou valeur à mon avis. Des aides tels que le Cadre européen des langues sont forts utiles pour déterminer son niveau. Ce genre d’indications est à ajouter sur son CV pour chacune des langues pour lesquelles nous pensons avoir des capacités. Par contre, soyez vraiment honnête: ne pas surestimer ni sous-estimer ses capacités.Une annonce d’emploi qui exige des connaissances d’une ou plusieurs langues seront forcément testées en entretien.
Si vous voyez une offre d’emploi qui vous intéresse vraiment mais que vous n’êtes pas sûr de vraiment répondre aux exigences en matière de connaissances de linguistique, montrez toujours que vous souhaitez encore améliorer vos compétences et que c’est une des raison qui vous pousse à postuler. Ca ne doit évidemment pas être la seule motivation!

Ce que je souhaitais montrer ici, c’est que comme le problème de la MOBILITE que j’ai traité plus tôt cette semaine, le fait d’être prêt à s’investir dans l’apprentissage des langues surtout en Suisse peut considérablement augmenter les chances de trouver un emploi pour les jeunes diplômés. N’oublions pas non plus, que certaines personnes sont les correspondants uniques pour des postes qui exigent la connaissance de 8 à 9 langues!
En Suisse, la connaissance de l’anglais ne suffit pas toujours. Par exemple, typiquement dans un cadre comme celui de la Confédération, une bonne connaissance d’une deuxième langue nationale est demandée en plus de l’anglais. Bien sûr, si vous êtes en plus disposé à vous lancer dans le suisse- allemand vous serez d’autant plus gagnant. Cette volonté d’apprentissage vous donne réellement une plus-value et renforce positivement votre image.
Mettez toutes les chances de votre côté!

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour le sixième article consacré à La reconnaissance du diplôme par les institutions publiques et privées ainsi que suivant les régions linguistiques en particulier pour le domaine de l’information et de la documentation.

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