Article 4 de la série Jeunes diplômés : pendulaire tu seras!

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Pour faire suite à la série d’articles concernant les jeunes diplômés et la recherche d’emploi, voici déjà le 4ème volet dont le thème est le lieu de domicile, la mobilité et  la recherche d’emploi.
Si étudiant et mobilité vont souvent de pair, ce n’est pas toujours le cas des jeunes diplômés, qui souhaitent se fixer à un endroit. En Suisse, une telle attitude est-elle bien raisonnable?
Toutefois, bien qu’être mobile soit souvent le symbole d’ouverture d’esprit et de flexibilité, le pendulaire n’est pas forcément toujours bien vu des employeurs, souvent pour des questions de coûts. Alors si vous êtes un pendulaire convaincu et souhaitez le demeurer, comment postuler à distance de manière à convaincante ?
Aussi dans cet article : Une petite fenêtre sur l’encouragement à la mise en place de plans de mobilité dans les entreprises.
(Image à la une : Photo de Haykel Ezzeddine)

MOBILITE : le sujet est aujourd’hui courant et dirai-je à la mode. Elle peut être professionnelle, sociale, durable, réduite, internationale, enfin tout ce que vous voulezMais ici, on en parle dans son sens premier : aptitude à bouger, à se déplacer, à changer, à évoluer (le-dictionnaire.com)
Les jeunes diplômés connaissent certainement bien le sujet, puisque pour la plupart, faire les trajets entre leur lieu de domicile et leur école a été monnaie courante pendant leurs études. Cette situation dépend bien sûr du domaine d’études choisi et du fait d’habiter dans un Canton doté d’Universités et de Hautes Ecoles, quoique.
Pour l’étudiant en information documentaire par exemple, la question du choix de l’Université/HES ne se pose pas : il existe une HES à Genève ou à l’autre bout de la Suisse à Coire. Pour les Romands, le choix est vite fait. Etudiant et pendulaire sont donc souvent synonymes. 

Mais maintenant que vous n’êtes plus étudiant, la question est : êtes-vous resté MOBILE? Lorsqu’on est étudiant, l’on est plus enclin à faire des sacrifices, à faire les trajets tous les jours ou tous les week-ends. Mais une fois qu’on en n’a plus l’obligation?
Pour de jeunes diplômés résidants en Suisse et même ailleurs dans le monde, votre réponse ferait bien de s’avoisiner du : «OUI, bien entendu!»
Mais pourquoi donc? Parce que dans notre pays, le 90% des personnes actives sortent de chez elles pour aller au travail, dont 58% travaillent en-dehors de leur commune de domicile (Voir sur le site de l’Office fédéral de la Statistique selon les Thèmes et selon les Régions ).
L’OFS nous apprend également que «durant les dernières décennies, le lieu de travail s’est d’une manière générale éloigné du lieu d’habitat.» Cette statistique se base en plus sur le recensement de la population de 2000, c’est dire que la situation aura encore bien changé en dix ans et je suis convaincue que le pourcentage aura augmenté. Vivement la prochaine statistique 2010 pour pouvoir confirmer cela!

Moyens de transport
Image de Roulonspourlavenir.com

Mon constat n’a rien d’innovant et pourtant je remarque que certains se cramponnent dans l’idée de rester à un endroit précis. Les chiffres mentionnés sont assez éloquents : il est difficile de trouver un job qui permette de travailler directement chez soi ou alors très près. D’autant plus si vous habitez les régions périphériques ou comme on dit communément «la campagne». Cette affirmation dépend notamment de votre domaine professionnel.
Par exemple, pour un spécialiste en information documentaire, le fait d’habiter dans une région périphérique, économiquement menée par l’industrie horlogère comme le Jura, il est difficile de trouver des postes de bibliothécaires ou d’archivistes.
Le jeune diplômé qui s’établit dans une région de ce type doit donc être prêt soit à accepter n’importe quel poste qui se présente à lui dans sa région (ce qui l’obligera sûrement à revoir ses ambitions, Voir à ce sujet l’article 2 de la série),  soit à devenir un pendulaire vers un centre économique  et culturel plus important.
Cette situation naît du fait que le jeune diplômé ne dispose pas d’assez d’expérience pour s’imposer comme un expert de sa branche, ce qui pourrait être intéressant pour des petites et moyennes entreprises. Il est donc forcé d’aller faire ses armes ailleurs. En Suisse, on a vite fait le tour, il s’agit de Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Zürich et les autres agglomérations de plus petite taille. La situation de pendulaire est tout à fait acceptable, intéressante et dynamique pour autant qu’on le veuille et que l’employeur l’encourage. 

Or, ce n’est pas toujours le cas.  Mais il y a ici deux facette à considérer :

  1. La perception de votre candidature auprès d’un employeur localisé loin de chez vous et dans ce cas comment justifier vos choix. 
  2. L’entreprise et son plan de mobilité.
Retards annoncé sur un écran à la gare de Genève.
Photo de Haykel Ezzeddine

1. Première situation : vous habitez le Jura par exemple et vous postulez dans l’arc lémanique. Déjà ce seul fait peut vous être préjudiciable. En effet, la mobilité est parfois vu comme un signe d’instabilité. Le fait que certains employeurs n’engagent que des candidats domiciliés dans leur Canton ou dans leur commune s’explique aussi par le fait d’exiger une disponibilité rapide et maximale.

Mais l’argument le plus fort est lié aux coûts engendrés par la mobilité pour les entreprises. En effet, si vous avez plusieurs heures de voiture ou de train à effectuer pour vous rendre sur votre lieu le travail, votre employeur peut à juste titre redouter les retards, le stress et les accidents. Ce qui implique une perte financière considérable pour l’entreprise, puisque ces problèmes se répercutent sur le taux d’absentéisme, la productivité et la satisfaction direct des employés et des clients auprès de l’entreprise.

De mon expérience, l’éloignement  n’est pas un critère déterminant dans la première phase de sélection. Si votre dossier intéresse l’employeur, et qu’il vous invite pour un entretien, cela signifie qu’il est prêt à entendre vos motivations et à savoir comment vous comptez vous organiser pour venir travailler. Allez-vous faire les trajets (possible suivant le pourcentage du poste) ou alors déménager dans la région?

Normalement, vous vous êtes déjà posé ces questions et y avez répondu lorsque vous avez pris la décision de proposer vos services pour ce genre de poste. Votre lettre de motivation devrait donc déjà démontrer votre intérêt pour le poste et votre disponibilité à bouger ou à changer de domicile. De plus, si l’employeur vous convie à un entretien par téléphone, vous pouvez déjà faire part de votre volonté et de vos réflexions sur le problème de la mobilité à cette occasion. L’entretien physique que vous aurez avec lui vous permettra d’en dire davantage. D’autres conseils pratiques sur le site de MONSTER.fr : postuler pour un emploi loin de chez soi, 10 conseils.

Page de couverture de la brochure Plan de mobilité
Page de couverture de la brochure Plan de mobilité publié par l'ATE

2. L’association transports et environnement est très active auprès des entreprises dans le domaine de la mobilité. En collaboration avec les cantons elle met en place des directives et agit comme conseillère dans l’élaboration de plans de mobilité.
Ces derniers ont pour but de diminuer les risques et les coûts inhérents aux transports qui se chiffrent en Suisse à plus de 75 milliards de francs en considérant « les montants effectivement payés par les usagers, les pouvoirs publics ou des tiers, et les charges non monétaires telles que les nuisances environnementales et sonores ».
L’association sensibilise les entreprises autour de six axes principaux  (Pour le détail de ces points Consulter la brochure « Le plan de mobilité : repensons la mobilité pendulaire et professionnelle » pages 10-13)

  1. Promouvoir les transports publics
  2. Adopter une politique volontariste vis-à-vis du trafic motorisé privé
  3. Promouvoir la mobilité douce
  4. Améliorer ou positionner l’image interne et externe de l’entreprise
  5. Internaliser des services permettant de limiter les trajets (pour les moyennes et grandes entreprises
  6. Repenser le travail (pour les moyennes et grandes entreprises)
De telles mesures ont un impact direct sur les employés et candidats recherchés par les entreprises : des personnes qui favorisent la mobilité douce et durable.  Favorisez ces types de transport afin d’être plus attractif! Et si l’entreprise dans laquelle vous travaillez ne possède pas encore de tels plans d’action, prenez-en l’initiative.

Retenons donc qu’aujourd’hui on ne peut rejeter la mobilité ou  ne pas s’en soucier. Elle fait partie de notre quotidien, de notre système économique et influence grandement nos choix professionnels. Tirons-en profit à bon escient, préparons-nous bien et soyons convaincants auprès de nos employeurs.

En acceptant la mobilité vous multipliez  vos chances de trouver l’emploi pour lequel vous êtes réellement taillé. 

Rendez-vous à jeudi 26 janvier avec le prochain article de notre série consacré aux connaissances linguistiques. 

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